Ironman Vichy… »la Vie » en 14h22.

Samedi 26 Aout, Ça y est, après huit mois de préparation ultra intensive et d’une vie monacale a l’école de triathlon de Buenos Aires, le moment est venu. Il est 18h30, 35 degrés au mercure. Et je monte sur le vélo en direction de l’endroit ou il passera la nuit…le parc à vélo. Certes l’épreuve reine du triathlon se déroule demain mais le départ est si tôt et le nombre des participants tellement important (1600) que les vélos doivent être déposés la veille. Le moment que je m’apprête à passer maintenant sera l’un des plus stressants du week-end. En effet, la route qui sépare le camping du parc à vélo est assez sinueuse avec beaucoup de cailloux. Les 15 minutes paraissent une éternité, je suis concentré sur le fait de ne pas crever un pneu, mon visage est totalement fermé, mes pulsations au taquet. Mais la route se fait sans encombre. Ce qui va suivre n’est pas de tout repos non plus pour le corps, le simple fait de rentrer dans le parc à vélo, pour y déposer ce qui sera mon coéquipier pendant 180kms le lendemain, rend mes jambes tremblantes. C’est la que je me dis que c’est maintenant, j’y suis et même ce sentiment ne sera pas présent demain au départ. Cela fait maintenant 30 min que j’erre dans le parc a vélo à repenser à ma 1ere séance au Caen Triathlon, un matin de septembre, il y a 3 ans. Ou je n’avais pas réussi à faire les 100m en crawl demandé par Fabien le coach de l’époque. Et dire que demain 3,8km de natation, 180km de vélo et 42,195km de course a pied seront à mon programme. Si on m’avait dit ça un an plus tôt j’aurais dit « n’importe quoi » et même en tant que quelqu’un d’ambitieux, il était évident que cela arriverait un jour, restait à savoir quand. Pour être honnête je n’arrive même pas à m’imaginer ce truc totalement fou qui m’attend.

Mon vélo est à la place 609 depuis un très long moment maintenant. Je passe dans les allées pour admirer les vélos. Là j’ai 6 ans les yeux plein d’étoiles, en regardant ces machines toutes en carbone. Le retour au camping est plus serein, le diner vite avalé et bizarrement la nuit de sommeil est tranquille. J’oscille entre impatience et appréhension

5h15…le réveil sonne effectuant son rôle du jour.  Dès cet instant, mon corps est présent mais ma tête, elle, est totalement dans la course. Je n’entends plus ce que me disent les gens. Je me passe différents scénarii dans ma tête en essayant d’y trouver une réponse pour ne pas être pris au dépourvu….du moins essayer. 6h30 de nouveau dans le parc a vélo, je regonfle mes pneus dégonflés volontairement la veille. Oui de nombreux pneus avec la chaleur ont éclaté lors de l’épreuve half Ironman le samedi. 6h50 le départ est dans 3 minutes, j’attends patiemment dans mon sas de départ. Je vise les 1h05-10 je suis donc dans le sas 63 minutes. Le fait de savoir que je vais m’élancer pour 3,8km de natation sans combinaison, chose totalement inédite pour moi bizarrement ne me dérange pas à ce moment la, bien au contraire je suis tellement proche de ma seule raison de vivre depuis ces 8 derniers mois que j’en oublie d’avoir peur, ou d’être stressé. 

Le bip du Rolling Start vient de retentir. Je m’élance donc pour cette première boucle d’1,9km dans les eaux chaudes (25,3 degrés) de l’ailier. J’ai un plan de course, nager dans les pieds pour diminuer au maximum la débauche d’énergie, malheureusement premier accro ma nage est difficile je n’arrive pas a « accrocher » ces fameux pieds. Résultat la sortie à l’australienne me permet de prendre conscience que je vais être en retard sur mon temps estimé (1h05-10) car j’en suis à 39 minutes. La seconde boucle de 1,9 km sera paradoxale. Je suis tellement focalisé sur les 180km de cyclisme après, distance que je vais parcourir pour la 1ere fois de mon existence, que je ne veux pas battre des pieds dans l’eau. De peur de ne plus avoir de jambes sur le vélo…technique totalement débile, les jambes tendues en permanence m’amène une crampe. Heureusement elle s’estompe vite. Ouf première alerte qui part. (Continuer à lire car il y en aura d’autres..!) Cette seconde boucle est plus propre techniquement, aussi je m’applique à longer les bouées presentes toutes les 15m, afin de nager droit et ne pas faire de mètres en plus, 3,8 c’est amplement suffisant. 1h22 sortie de l’eau et direction la tente pour se changer, à cote de moi un anglais lutte pour enfiler son t-shirt apéro qu’il portera sur le vélo, allons donc, je suis dans l’esprit Ironman je l’aide il me répond d’un « thanks guy ». Galérant à mon tour avec ce top apéro je le regarde pour qu’il me renvoi l’appareil….que nenni l’anglais se barre avec un « good luck guy ». Quel c*n. 

Bref mon épisode textile étant terminé après une lutte intense pour le mettre correctement, je monte sur mon vélo. Et la 1er moment important de la course, déçu de mon temps de nage d’1h22 (alors qu’en réalité vu que la combi n’était pas présente c’est passable mais pas catastrophique) je me dis « ok je donne tout sur le vélo et advienne que pourra sur le marathon ». Mais cette technique ne sera pas nécessaire, les km passent est je suis bien. Même la cote au 70ème ne me fait pas trop perdre de temps. J’arrive à maintenir les 30km/h pendant les 90 premiers km. Le parcours vélo a vichy est roulant. Je suis très concentré et balance des « attaque de pierre Rolland » (a voix haute) quand il faut se mettre en danseuse pour relancer la cadence. (Avec du recul je commençais à devenir fou, mais dans le feu de l’action, cela ne me dérange pas de me voir parler à mon vélo ou parler tout seul à voix haute, tel tom hanks vers son ballon wilson dans seul au monde). J’enchaîne la seconde boucle sereinement et m’encourage pour tenir les 30 de moyenne jusqu’au 150eme km après on verra. La seconde cote du parcours au 140eme se passe bien également. Je passe les 150 dans les temps, je suis toujours bien au niveau des jambes. Tellement bien (mais pas trop lucide quand j’y repense) que je me pense même terminer en moins de 11h cette épreuve… oui car le marathon est ma spécialité (en toute humilité) comparé aux deux autres disciplines. La concentration elle est aussi au beau fixe, mon timer me rappelle tous les quarts d’heure de m’hydrater. Je n’en raterai aucun. Il fait 35 degrés je sais que ce point sera essentiel pour la partie pédestre qui va suivre. 

7h35 de course, je pose le vélo et fonce dans la tente pour me changer et manger mes 2 pom’potes….je suis super content, ça y est ! Je viens d’effectuer 180km à vélo, en 6h02 qui plus est. Je n’en reviens pas mon ironman sera la plus belle réussite de toute ma vie. J’en suis certain maintenant car à moins de ne plus pouvoir courir, marcher, ramper, je ne vois pas ce qui pourrait m’empêcher de franchir la ligne d’arrivée. Le moral est au beau fixe, et la photo faite par mes parents au tout début de la course a pied confirme cet état, avec un grand sourire et le signe de la victoire (V) avec mes mains (les prochaines seront très différentes). J’ai commencé ce projet de zéro et je vais franchir la ligne avec un temps monstrueux, au delà de mes espérances !!!!

Je suis psychologiquement au plus haut, mais l’Ironman c’est « la vie » condensée en 10-15h. Parfois joyeuse, mais parfois cruelle….et ce qui va se passer à partir de ce moment sera malheureusement plus sombre. Mais cela je ne le sais pas encore, étant tellement confiant, « d’être frais » au niveau des jambes après ces 3,8km de natation suivi des 180km de velo, que j’entame les 5 premiers km de ce marathon à fond la caisse. Bien en deçà des 5’30 minutes au km établi lors du plan de course. En effet, l’adrénaline de la course, la joie d’avoir survécu aux 2 étapes précédentes et la confiance d’entamer la partie où je suis le mieux me propulse à 4’30 au km vers le 1er ravito. J’aurais pu intituler ce compte rendu « l’ascenseur émotionnel » car je vais passer du paradis à l’enfer dans 50m bref….Premier ravito donc le menu sera un verre d’eau, un coca et une banane. Je m’applique à m’alimenter en marchant pour éviter les pb de digestion. Malheureusement j’aurais pu m’attabler une heure le résultat aurait était le même car mon estomac, qui m’avait déjà donné des signes de faiblesse lors des 2 dernières gorgées prises sur le vélo, va passer a l’étape supérieure. Mais pris dans la course cela ne m’avait pas alerté. Grosse erreur ou pas, à voir. De toute façon, je ne vois pas ce que j’aurais pu faire. Bref, revenons à la course. Cela fait seulement 45 secondes que j’ai passé le ravito, que je suis déjà en train de tout rendre sur la chaussé (vomir pour être pour clair). Qu’importe dans la vie on ne s’arrête pas à un petit obstacle. Je me dis que je vais changer mon menu au prochain ravito dans 5 km donc.

Je suis revenu sur une allure « marathon Ironman » a savoir aux alentours des 5’20 minutes au km. Ce qui laisse entrevoir une arrivée à  18h20 soit en 11h30…! Je me demande déjà ce que je vais faire dans la zone d’arrivée pour célébrer cet exploit monumental. Comme un gars qui se demande ce qui va acheter avec son 1er salaire, alors qu’il n’a même pas commencé son job. Avec du recul je crois qu’en plus de mon estomac ma lucidité avait rendu l’âme également! Mais dans une course comme celle-ci, la « projection positive » est nécessaire pour avancer malgré la fatigue. De plus cela permet de décompresser deux minutes avant de se revenir dans la course, car c’est très difficile des rester concentrer sur 14h.

Le second ravito approche à grands pas, le menu est donc composé d’un verre de boisson énergétique et de tuc….résultat « igual » comme on dit en espagnol. Quelques secondes après ce déjeuner tardif (à cet instant il doit être 14h) les vomissements reviennent. La encore ce n’est pas grave ça va passer on continue, heureusement ma rigueur alimentaire sur le vélo m’apporte l’énergie suffisante pour continuer de courir à bon rythme. Au final la vie n’est pas si compliquée !….oui mais voila 15eme km mon estomac ne veut plus rien absorber. Et c’est un estomac qui doit être du même signe astro que son proprio, a savoir bélier, autrement dit quand il a un truc dans le crâne on ne peut lui enlever. Résultat, le ravito du 20eme du 25eme 30, 35, 40 seront identiques aux précédents, vomissements. Je comprends après ce 3eme ravito donc, que ce marathon sera un calvaire. La moyenne chute je passe a 5’50 au km mais ce n’est pas catastrophique, car l’avance sur le vélo ainsi que les jambes fraiches me permettront normalement d’arriver vers les 12h. De plus le point positif en cet instant de difficulté c’est que je ne suis pas lucide. Malgré mes réserves énergétiques au plus bas voyant que les 12h à ma montre ne sont pas atteints je continue d’être serein et me dis que ça va le faire. Passer cette ligne en moins d’une demi-journée. Mon objectif numéro 2, le premier étant de finir. Je continue à courir car les jambes elles sont toujours légères. J’arrive au 24eme et la ça devient vraiment plus difficile je dois alterner les périodes de marche et de course (même si le mot course n’est plus du tout adapté depuis un moment déjà). 30eme, Les vomissements s’intensifient, rien qu’un verre d’eau est directement régurgité, ce n’est pas grave c’est toujours jouable. N’importe quoi il doit être 11h40 à ma montre mais moi je suis toujours sur de faire 12h alors qu’il me reste 12km!!!! La chaleur doit me faire délirer. Et 20minutes plus tard, le pire moment de ces huit derniers moi va arriver. Tout le capital de confiance, de bonheur et de joie va s’effondrer pour faire place à un état psychologique sombre. Car après un regard à ma seconde montre (l’autre a rendu lame bien avant) est 12h01, a cet instant c’est terminé, mon projet s’arrête. J’en aie les larmes aux yeux tous les sacrifices d’une année, tout ce travail pour rien. Je m’arrête net, il doit rester une dizaine de 10km et à partir de maintenant je ne vais plus courir jusqu’a la fin. Plus la force, plus l’envie. Quelque chose vient de se couper. La seule question que je me pose c’est à quoi ça sert de finir? Que j’arrive dans 1h ou que j’abandonne c’est pareil le projet de ma vie sera un échec. L’abandon n’a jamais était aussi proche, et ce n’est pas le concurrent qui marche a cote de moi me disant que c’est sont neuvième ironman et que c’est la première fois qu’il a des crampes l’empêchant de courir ou l’arbitre sur son vélo qui me dit que je suis jeune et qu’il y en aura d’autres, qui m’aideront a me sortir de cette spirale négative.

Oui mais voilà, « si tu es au plus bas mentalement après avoir était au plus haut, c’est que tu participes a un Ironman. Et si tu es en Ironman cela signifie que tu as trouvé assez de personnes qui t’ont soutenu pour rendre ce projet possible. Par conséquent tu finis! » Peu importe le temps que tu vas mettre, maintenant ton seul objectif est: finir…finir par respect a tous ces proches qui ont voulu contribuer a la réussite de ce projet. Que ce soit au travers d’aide financière, logistique, morale ou autres tu n’as pas le doit de les laisser tomber.

Un mouchoir donné par mon père sous les yeux d’un arbitre m’a valu d’être proche d’une disqualification pour assistance extérieur. Mais sur ce coup là, cet arbitre a était vraiment cool, en me disant « j’ai rien vu, mais par contre tu finis cette course ». 

34ème il reste un ravito, un pont et je serais arrivé, mais mon état empire je commence a voir flou en ayant la tête qui tourne. Et le vomissement devant un bénévole sur le ravito du 35eme km, me fait gagner un passage à la tente médicale qui va confirmer cette état physique totalement fou, paradoxale, incompréhensible. A l’image de cette course hors du commun. Verdict 99 pulsations et ce après 14h d’effort, les félicitations du staff médical m’esquissent un sourire, tension 9,8 clairement moins bien !….le pompier me demande ce que je veux faire!? Ma réponse est sèche « Bien je continue ». De toute façon le cœur n’y ait plus, c’est toute le paradoxe de l’instant. L’Ironman est le projet d’une vie pour quasiment 80% des athlètes qui ont prit le départ avec moi il y a 14h. Finir est donc un moment de pur bonheur, un rêve qui devient réalité. Les gens autour de moi savent qu’ils vont devenir finisher. Ils sont à leur apogée du « bonheur ». En effet peut de gens peuvent dire qu’ils ont réalisé leurs rêves. Oui mais voila je ne pense pas que sur les 1600 participants, nombreux sont ceux qui ont démissionné, vendu leurs biens et sont partis s’exiler à 10 000km de leurs proches uniquement pour ce 27 Aout 2017. Mon état a moi au moment de passer ce dernier pont avant les 2 derniers km est totalement différent, je suis psychologiquement au fond du trou. La course n’a plus d’intérêt je marche depuis maintenant une bonne heure est demie et le son du speaker se fait de plus en plus fort. Le moment à me demander ce que j’allais faire dans la zone finish est très loin. Plus j’approche de la ligne et plus je suis triste. La nuit a fait sont apparition depuis un moment déjà, je ne cours plus depuis des km. L’enfer de vichy va se terminer dans quelques instants. Devant moi un coureur part tout droit alors qu’on doit tourner a gauche, il est rattraper par les spectateurs pour le faire revenir sur le bon chemin. Cette fin de course est folle pour tout le monde, nous marchons inconsciemment vers les lumières et sons de la ligne d’arrivée sans réfléchir. Le corps est dans une autre dimension, 39eme dernier virage une anglaise s’écroule devant moi, c’est  un truc de dingue, tandis que moi je marche tranquillement vers la zone finish. Les jambes sont bien elles d’ou cette frustration. Dernier ravito, j’en profite pour remercier les bénévoles. Et voila, L’arbitre devant la zone finish me demande de remonter la fermeture éclair de ma tri fonction jusqu’au haut pour être présentable pour la photo finish….dans ma tète je me dis « j’en ai rien a f*** de ta photo ». 14h21 le film que j’ai démarré il y a maintenant 8 mois et qui va se terminer dans 120 secondes était donc un film dramatique.

Quelle frustration de terminer ce marathon en 6h38 alors que les jambes sont au rendez-vous. Quelle frustration de finir son Ironman en 14h22 après avoir bouclé les 3,8km de natation et 180km en 7h35! La réponse a la question que s’est-il passé? Je ne l’ai toujours pas un mois après cette épreuve folle qui ne laisse passer aucune faille. Apres avoir effectué les 100 derniers mètres toujours en marchant, et être devenu au passage « Ironman » au milieu d’une ambiance indescriptible. Je me retrouve dans l’after zone, là le contraste est saisissant. Un silence de cathédrale dans une salle immense plus de 50 de long et 4m d’hauteur sous plafond (je le sais car j’avais justement demandé les dimensions à un bénévole lors de la pasta party du vendredi tellement j’étais impressionné). C’est l’un des moments les plus forts de cette journée et de ce projet, et pour beaucoup je pense. Car il est à nous, nous sommes entre l’ambiance survoltée de la zone d’arrivée et l’extérieur, sorte de retour a la réalité que tu te prends de plein fouet et pour lequel tu ne t’es pas préparé. Et Ou on te « sautera » dessus pour te féliciter et te demander de raconter encore et encore la course. C’est le moment ou toute la tension de huit mois de préparation redescend, où tu fais le point à chaud (jamais une bonne chose), ou tu essaies de comprendre ce qui n’a pas été, où tu prends conscience que tu as fait quelque chose d’incroyable. Comme quasiment tous, je suis attablé seul devant ma st yorre et mes parts de pizza froide que je ne mangerai pas d’ailleurs. Moi je suis dans une toute autre situation. Je n’arrive plus à penser, me projeter ou autre….je suis déçu. « You are an ironman » dixit le speaker, pourtant c’est un tout autre sentiment qui domine. Je suis focalisé sur mon temps alors que l’objectif principal était de FINIR. Je me dis « C’est injuste ». Ce qui devait être une fête est au final une déception.

Avec du recul, et après avoir travaillé là-dessus en retournant le problème dans tous les sens. Je pense que : « je suis déçu d’être déçu ». Alors que je n’ai pas le droit de l’être et ce pour deux choses: 

La première c’est que merde j’ai rempli l’objectif qui était de devenir un Ironman, et les 12h n’étaient que le second objectif.  

La seconde c’est que j’ai réalisé mon rêve et pour cela je n’ai pas le droit d’être déçu. Sans tomber dans le sentimentalisme beaucoup de personnes n’ont pas la chance, la possibilité de transformer quelque chose d’utopique en rêve puis en réalité.

22h et des bananes je veux quitter cette zone d’after finish pour clore une fois pour toute ce projet mais en même temps je ne veux pas quitter cet endroit qui est à nous triathlètes. Mais bon, après une bonne vingtaine de minutes je récupère mon vélo, le remercie car lui a vraiment fait aujourd’hui quelque chose d’exceptionnel, et part chercher mes affaires. Cette fois voila comme tout un symbole je rends ma puce avant de sortir de ce parc à vélo afin de retrouver mes parents qui m’auront accompagné tout au long de ce projet fou. 

Une dernière photo avec le velo pour être certain que c’est le mien et le projet Ironman vichy est bel et bien terminé.

Le dernier supplice arrive, je dois remonter sur le vélo pour retourner au camping. Il est 22h30/23h je ne sais plus trop tant la fatigue nerveuse est la. Qu’importe c’est le cadet de mes soucis je n’arrête pas de penser, pourquoi? Pourquoi suis-je déçu? Que s’est-il passé? Ce n’est pas la réalité et je vais me réveiller au début de ce Marathon ? En vain, le retour au camping dans la nuit noire se fait en silence.

Il est 23h30 le feu d’artifice se fait entendre au loin, annonçant par la même occasion que le dernier Finisher vient de passer la ligne dans une ambiance volcanique.

Minuit, je vais me coucher….ce 27 aout 2017 est terminé, il restera longtemps gravé dans ma mémoire. 

Pardon de ce temps entre la course et ces lignes qui font office « d’auto psychanalyse » pour moi, je pensais que cela n’intéresserait pas grand monde mais vous êtes nombreux à me l’avoir réclamé alors le voici. Vous devez savoir une chose, Et si très humblement je peux donner un conseil à ceux qui veulent s’y frotter, l’Ironman est mentalement/psychologiquement un truc de fou dans une vie. 

Un truc qui vous retourne le cerveau.

Un truc qui va vous sortir de votre confort.

Un truc qui va demander d’aller chercher des ressources que vous n’avez jamais soupçonné se cacher en vous. 

Un truc qui va vous faire grandir humainement en une journée car tous les états psychologiques d’une vie sont condensés en 12h. 

Un truc qui va vous faire flipper.

Un truc qui va demander rigueur, concentration, remise en question, folie pendant huit mois.

Mais un truc qui mérite d’être tenté tellement il vous changera. 

La vie quoi ! 

 

Kevin Rizzotto

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