Histoire d’un caennais sur l’Iron Man de Nice

Merci à Thomas Mortagne de nous livrer ses impressions sur cet IronMan qui en fait rêver plus d’un !

 

« Dimanche 5h00, Nice s’éveille…des zombies en combinaison croisent les noctambules du samedi soir sur la promenade des Anglais.

1er à l’ouverture du parc à vélos, je décide finalement de changer ma chambre à air. Ayant transgressé une règle d’or « ne pas faire d’invention la veille d’une épreuve », j’ai essayé pour la première fois les chambres à air autoréparantes. Pas serein à l’idée de cette nouveauté, j’ai préféré les troquer contre les chambres à air « classiques ». Bref, un stress inutile dont je me serais bien passé…

6h00 : combinaison enfilée, lunettes ajustées, eau testée et approuvée à 23°8, j’attends, non sans stress, le coup de sifflet…

6H30 : 2100 hommes et femmes s’élancent pour 3800 mètres après avoir repris tous ensemble la Marseillaise en hommage aux victimes des attentats ; 59 minutes de bonheur à nager entre les poissons (ça change de l’eau opaque de la Manche…)

7H40 : c’est parti pour 180 kms de vélo. Le stress redescend, les jambes tournent, le mental suit…jusqu’au moment où des douleurs abdominales apparaissent. Oublié le programme de nutrition que je m’étais fixé. Devant l’impossibilité d’avaler quoi que ce soit pendant les 70 premiers kms, la priorité est de gérer au mieux la douleur… L’IronMan c’est aussi ça ; surmonter les contre-temps… La peur de devoir abandonner me gagne, surtout quand les douleurs m’obligent à m’arrêter, mais c’était sans compter sur ma rage d’en finir !

180 kms plus tard, je descends du vélo, les jambes tremblantes. Terminé le calvaire, place maintenant au bagne : le marathon.

Les douleurs ont disparu sur la fin du vélo, je décide alors de reprendre des gels et ne plus me contenter des morceaux de bananes. Les kilomètres défilent, sous un soleil de plomb, une température avoisinant les 35° et aucune ombre à l’horizon. Aux vacanciers venus se baigner en cet après-midi du 23 juillet, se mêle une armée de soldats épuisés, courant à la force de leur mental. Les malaises ne sont font d’ailleurs pas rares, en témoignent les fréquentes sirènes d’ambulances que j’entends. Concentré sur ma course, je suis scrupuleusement mon programme d’hydratation (2 verres d’eau à chaque ravito et 1 gels tous les 5kms), l’agrémentant de verre d’eau supplémentaires faisant offices de douche. Les sources de motivations prennent alors toutes leurs places ; au cœur de celles-ci le soutien des potes du club… Plus qu’un semi-marathon à dérouler et ce sera terminé…Les sourires et encouragements expansifs avec Arnaud, mon acolyte venu lui aussi relever le challenge, laissent place à de timides signes de têtes, seule force qui nous reste. Je peux cependant me permettre d’accélérer sur les 3 derniers kms pour m’assurer d’atteindre l’objectif des -12h, davantage fixé par les potes du Caen triathlon que par moi-même… 😊

Après 11h50, j’aperçois enfin la ligne d’arrivée. Les gradins sont pleins, le speaker est prêt à m’accueillir. La délivrance arrive enfin lorsque je l’entends me dire « Thomas, You are an IRON MAN ! ».

Thomas »

 

 

 

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